Chaque fois c'est pareil .
Allez c'est pas grave, viens.
Oui mais après, tu sais l'après ? La courbe, l'euphorie, on y croit, on est transporté, on existe plus fort et puis on redescend.
Et alors, on n'y est pas encore.
Non pourtant j'ai presque déjà envie de pleurer.
Mais on n'a pas fait deux mètres...
Et voilà, tu le dis, c'est déjà derrière.
... Pff tu gaches tout.
Alors je n'y vais pas.
T'es pénible.
T'as pas peur toi ?
Si mais je veux voir.
Moi aussi...
Alors viens on y va.
Qui c'est qui paie ?
C'est gratuit.
M'étonnerait, y a jamais rien de gratuit.
Je te l'ai déjà dit peut-être...
Quoi ?
Que t'étais pénible.
Oui mais tu comprends la vie est meilleure fantasmée plutôt que vécue non ?
Okay, la réalité est souvent chiante je te l'accorde, mais prendre tous ces trucs nouveaux dans la gueule - pour de vrai - c'est...
... la déception, le désespoir, la tristesse infinie, la mort...
C'est dingue ça, on y va à cette putain de fête foraine, oui ou merde ?!!
...
Je vais arrêter d'écrire sur le mur au-dessus de ma tête, sur ma peau au-dessous des mes hanches. Je vais arrêter de tracer les mots que tu ne dis pas, je vais arrêter d'apprendre ceux que je tais. Je vais acheter un cahier de musique pour y accrocher ma voix qui s'essouffle et puis y sécher un peu mes pleurs aussi. Et puis on va parler un jour, en vrai, dis, lorsque tu auras retrouver l'adresse de chez nous ?
Nous avons finalement peu d'occasion de nous en remettre au hasard. Nos vies sont justes faites pour les choix. Tout juste modelées pour nous donner l’occasion de nous servir de nos rouages, nos agendas, décortiquer les enjeux et les conséquences de nos coups de téléphone. Les issues sont rarement celles surlignées sur nos plans, alors nous nous battons pour qu'elles ressemblent vaguement à la ligne tirée. Nous passons notre temps à rajuster le trait et à tenter de devenir les vecteurs de nos envies sans en être les boss. Parce que faut pas déconner, on est pas si naïfs.
Un jour j'ai lancé les dés pour voir. Pour décompter. Pour me laisser rattraper... peut-être.
Je regardé mes désirs étalés comme des cartes, classés par code couleur et la toupie s'est mise à tourner. A 1, j'ai senti quelque chose doucement arriver, la force de l’inattendu et de l'inhabituel sûrement ; l'aventure au bout du goulot, éthyliquement étonnée, j'étais convaincue et décidée. M'accrocher à l'ivresse de la vitesse. La droite, les deux points A et B, y arriver le plus vite possible, le plus vite possible. Mon Gran Turismo à moi. A 2, vaguement étourdie par le manège enchanté, j'ai dû m'encourager pour rester sur le champ de bataille. Mais Chef, c'est là que j'ai commencé à paniquer, tu vois, enfin, j'ai chercher d'autres combattants pour soutenir la raison. J'ai rassemblé mes cartouches. Les rafales sous les paupières, les bombes dans l'estomac. A 3, la guerre s'était jouée sans moi, la toupie avait disparu sous le meuble télé. A 4, je n'ai pas très bien compris ce qu'on essayait de m'expliquer : qui avait gagné, qui avait perdu ?
La stratégie du désir m'a indéniablement blessée dans le dernier round, une fois les éclairs asséchés. Mais alors quoi Chef pourquoi cette guerre ?
Je me rappelle les murs de lierres qui faisaient des vagues verticales, les marteaux en bois d'une machine à roue qui hypnotisaient au hasard parmi la foule. Je me rappelle les fréquences, je me rappelle les mantras de pierre, les pendules et les cycles, où happée, je laissais le bruit derrière se fondre en une bouillie ronronnante. Les pressés passaient, les hypnotisés souriaient bêtement installés dans un cocon limpide. Heureux d'un bonheur sans enchères.
"Et là je sais qu'il m'aime pareil, tellement qu'à l'intérieur on y joue des scènes tragico lyriques, ça bouillonne, on se greffe, on s'accroche l'un à l'autre, et moi qui n'avait pas peur de grand chose j'ai désormais peur de perdre ça, ce bout de moi qui est lui."
Les mots ont été prononcés, ils ont été incarnés et ils ont été couchés. Et là ils reposent comme une armure fragile, clignotants, tels un phare témoin, pour toujours circonscrits dans la plus reposante des tombes.
Je remonte encore le rail, j'extrais, je cherche encore, je ne me souvenais pas de toutes ces strates et la douleur remonte bien sûr le long de certaines lignes extraites. A force de pêcher dans ses souvenirs miroitants on se prend un coup de soleil et des coups de kitschissimes je t'aime. Putain l'escargot évolue mon vieux !
Je dois trouver la méthodologie. A rendre avant mardi.
14 août 2011
Il fut un temps où j'aurais voulu que l'on me braque comme une banque sans trésor mais sécurisée, j'aurais aimé que l'on m’enlève comme une princesse sans royaume mais avec une tour lointaine dans les nuages. C'était hier et aujourd'hui je remonte soigner mes fantasmes fanés avec quelques ersatz polis. Ce que je fus , ce que je fis, ce dont je rêvais roulent quelques mètres plus loin me forçant à allonger le pas et à serrer les points/poings. J'ai beaucoup aimé ces rêves mais je vais peut-être finalement les laisser rouler sans moi et leur trouver d'autres propriétaire. Je vais m'en fabriquer des moins rapides. Plus adaptés.
Moi la maitresse de basse cour, au milieu des miens poulets je foutrai bien un bon coup d'ergots là où certains culs trainent dans le poulailler de ma vie.
Cyclothymie chérie viens te blottir entre mes bras ; entre deux tempêtes tu me donnes de jolies visions étranges qui me laissent sans yeux. A partager ou à taire tes flash je m'ouvre le crâne, je m'explose la rétine, je crève de rire.
Dis-moi pourquoi je ne peux plus t'entendre les soirs impairs. A moins que ce ne soit les soirs verts. En vrai, je te soupçonne d'être un peu mac sur les bords, tu me demandes des trucs pas croyables avec les mots des fois. Disons que je paye beaucoup de ma personne lorsque mes sens m'étouffent de trop d'émotions étalées, que je m'écroule sous mon indifférence fière comme un étendard. J'ai dû bousiller le VU-mètre. Alors je tente de contenir ce qu'il reste à contenir, avec beaucoup de doute.
Cyclothymie chérie regarde moi piquer ma crise au beau milieu des rayons surgelés, sortir en criant putain fait chier, bordel de merde, sortir du saloon, du ring, de l'arène sans me soucier de ceux qui restent derrière. Eux pas comprendre. Regarde moi sourire, apaisée, les soirs de nuages grandioses, étalant leur boursoufflures argentés, comme une peinture pompier.
Moi pas toujours facile à suivre.
Ici mon baiser à prendre comme un jour qui joue à Avril. Stop. Je suis passée total à l'ouest dernièrement. Stop. Je sème des bouts de neurones tous les 30 mètres. Stop. Toute enfance est traumatisante pour ceux qui ne veulent pas être adultes. Stop. Parce que je suis devenue celle que je suis, le reste n'a plus d'importance. Stop. Sauf pour les mots que j'utilise. Stop. Pour les histoires que je n'écris pas. Stop. Pour les choix qui ont été induits à mon insu. Stop. Alors je caresse mon subconscient. Stop. Alors dès fois oui je nourris mes cauchemars. Stop. PS : Ne pas oublié. Bisou suspendu au vestiaire. Numéro 017, tu demanderas à la dame pipi qui est très polyvalente (la dame du vestiaire est en congés).
que je risque de tomber dans un espace parallèle où le monde se déroule plus vite et il sera 22h37 quand je commencerai à hurler à la mort en gueulant que personne ne vient me sauver et même je mourrais de faim sur mon clavier l’œil tiré par deux agrafes pour qu'il reste ouvert et la bouche béante parce que je me dessèche sur le labeur vu que l'autre là il est pareil dans le même espace infernal où la vie oublie le temps le soleil la vie elle-même la faim le chat qui miaule sous la pluie d'orage le thé qui bout depuis cinq heures les muscles qui s’atrophient lentement lentement le fauteuil qui s'incruste non c'est trop non c'est trop c'est trop horrrrible et personne ne bougerait et il sera trop tard quand les dents tombent c'est trop tard alors on nous retrouverait mort de faim et de soif de chaud et les rétines explosées même ma mère elle s'en fout elle est partie en week end et mon père aussi avec elle tient y a plus qu'à espérer que les acariens bouffent la prise électrique et que je...
Douce soirée, toi qui me lit, moi qui dort encore. Bisou dans ton déca. Bonjour tout fatigué de sommeil à peine dégagé de mes yeux collés. A peine je bouge, à peine je parle et vite à moi se ramènent les bribes d'hier. Déjà se rappelle le jour, déjà se rondellent les mots, sur la tranche de pain tout juste pétri. Cases, croix, cases, croix. A faire et à défaire. De retour à demain j'ai le temps qui se prélasse au soleil flétrissant. Roses, mauves, légères éraflures dans la page soyeuse qui se tourne et où la lune se pose. Sur mon au revoir léger léger comme la brise qui se lève, je lève le verre. A ce matin !
c'est marrant ce message "je suis désolé mais seuls les peuvent laisser un message", les quoi, d'abord ? les cons ? Tout ça pour dire que ça fait une heure que j'essaie de poster ici et que je tombe sur cet avertissement à la nœud. Enfin là évidemment ça marche, sinon je pourrai pas me plaindre.
J'ai les doigts dans la bouche, et les ongles au bout. De belles notes, des mots blitz aussi. De la tête à l'encre. De la mare à boue qui ficelle, du sel et des états d'âme, jolie dame. Jolie bouche, qui me laisse sans voix, étranges visions qui me laissent sans yeux. Les jeux acrobatiques de notre Amitié me manquent. J'ai copié ton A, je ne réponds pas sur le i, je te laisse à la douceur du jour. Il est l'heure de faire beau.
1999, j'étais étudiante à Paris et il ne s'était pas passé grand chose, mais putain je me rappelle de la route quand on est rentrés chez nos parents, 300 bornes de preuves de la révolte de la veille ; sur le bord, des décapités à l'écorce fêlée, des racines nues délestées de leur corps tombé plus loin dans les jardins, et puis quelques maisons béantes. La nature laisse des traumatismes comme des réflexes dans les souvenirs et régulièrement d'autres stimuli reviennent bercés nos orages : surveiller les plafonds pour voir s'ils ne suintent pas, vérifier les sols pour voir s'ils ne débordent pas de pluie et puis surveiller les cascades qui jaillissent au milieu du salon.
quand je ne reçois plus tes mails, je pense à une erreur diplomatique, un mot déposé mal taillé... ou bien alors un malheur arrivé, un truc terrible comme l'amputation de tes bras.
Faire une mise à jour de mon blog. Ok. J'ai des trucs qui traînent, et je retourne à mon super méga programme spécial Euphorie avec en prime le contact avec les gens, ma sympathie naturelle, ma bonne humeur, mon envie de jouer, wouah j'ai une putain envie de jouer, wouah je vais m'éclater à Freecell wouah double wouah c'est une soirée d'enfer qui annonce tout plein d'autres soirées géniales. Je suis trop trop heureuse, je frise l'overdose. Avec un peu de chance les voisins d'en face vont fumer à leur balcon et moi je vais ouvrir toutes les fenêtres pour en profiter, pis je me mettrai une paille dans le nez, pis je me servirai une limonade avec un zeste de thé pour colorer et du bicarbonate pour faire buller, pis je me passerai "l'auberge espagnole" pour me faire croire que j'ai plein d'amis, wouah j'ai les bouclettes qui s'affolent et il n'est que 22h.
très concentrée sur l'encre qui se vide du stylo, réfléchissant au mécanisme de pesanteur, à l'inclinaison idéal du poignet, à la résistance de la page... C'est dur.
Si je suis le fantôme sans rêve qui retourne à sa trêve, je fus aussi l'image d'un visage qui fut celui de mon ghost. Ma carapace réelle et mon exosquelette virtuel se répondant dans un miroir feedback.
Et un visage sans volume, est-ce un portrait quand même ou une extrapolation ? un pur délire sorti d'un chaos de pixels ? L'imagination comble le papier laissé blanc sous quelques mèches de cheveux.
Dans toute volonté de comprendre, il faut accepter un trou, une latence, un degré de hasard laissé aux autres, aux éléments, à la virgule qui suit ; se laisser happer par ce que l'instant changeant saisit ou pas. Mais je n'existe vraiment que quelques heures par mois ou bien est-ce quelques siècles.
Show must go on. Méthode Coué et placebo : l'inconscient se règle sur les gestes que l'on répète, alors au point où l'on en est, faire en sorte que les miettes de nos claviers et autres reliquats d'expression, soient bons. Les lumières que tu trouves fausses sont autant de fantasmes qui alimentent la boîte à mots. Tu vas voir, j'ai pas fini de le redire. Alors on se prend quoi dans la gueule... un nez de clown, une trottinette en ballade; on écrit quoi de bien, une chanson à poursuivre, des lettres à envoyer, des contes à dormir ? Résiiiste !
ça pousse ? Vas-y balance une photo, dès fois que ce serait de la ciboulette indienne.
Je vais, comme comme le double de mon âge et p'tain c'est nul ! Sinon je m'accroche toujours, même si je sais qu'il y a des dates qui disent mieux que la météo sur l'avenir d'une journée. Des journées marquées qui nous transforment en citrons pressés passé midi. Alors en les attendant on redouble d'effort, et il y a toujours les jours de rafale, les mardi freestyle et les soirées poste en folie. Mais ça va ça va. J'ai renvoyé ma tante qui du coup emmerde mon oncle. Sinon mon neveu marche ; enfin, il tombe mais il ne parle toujours pas à part "tata"... il le dit très très très bien et j'en ai rien à foutre. Un jour il me foutra à la porte de toute façon.
Et toi alors ? ta mère, tes mômes, ton mec, ta meuf polytoxico, ton cousin, ton schizophrène de frangin, ton chien, ta caisse, ton taf, et toi, toi et toi ?
Circonvolutions de tes mains autour de la terre vivante... ou bien est-ce le contraire. Y graver les mots magiques, y déposer les maux comme des armes d'argile. Mille fois brisées, mille fois remodelées. Pétrissage mode cycle rapide et cuisson, le tout facile à aimer consommer vomir déchirer réécrire.
Ma mémoire est assise sur le bord d'une boîte. Prête à vaciller au fond et se perdre dans la bouillie épileptique qui me sert de petit déj. Ce matin à jeun j'ai pleuré ma race, j'ai déchiré mon skin pour la nuit béante et largement ouverte aux crocs d'acier, bourreau de mes heures perdues, bestiale, qui m'a abattue. Elle m'a tuée et la forme qui s'est levée au matin ressemblait à l'ado bizarre qui se cachait à l'intérieur des chiottes prête à vaciller au fond et s'y perdre les jours d'internat.
C'était quoi déjà le mot ? le code ? Le truc qui me relie à ? Ce n'était pas et, ce n'était pas avec, ce n'était pas chez. Je sais c'était si. Mais c'était où ?
Nous laissons aux hôtels nos empreintes fulgurantes. Comment inscrit-on nos vies en deux jours et quelques ? Quel songe creuser, quel acte réciter ? Quel plis de drap s’est-il noué, ou dénoué ou tombé ? A nos pieds, dénudés dans les hautes glaces étrangères, nos corps presque inconnus glissent sur les parquets déjà foulés, frôlés par d’autres corps glissés. Sur nos corps retrouvés se jouent les sommeils nouveaux, sur les corps échoués les limites se retroussent. Vite ! Le temps des hôtels nous pressent et nous invitent à nourrir plus fort nos amours, nos haines, nos angoisses, nos espoirs.
Dimanche dernier la famille vint la voir dans sa chambre. Comme à chaque temps forts où les traditions religieuses donnent également aux familles non pratiquantes voire athées une occasion de se réunir et de perpétuer des gestes ludiques débarrassés de sens liturgique. Alors, après la chasse aux oeufs, nous lui avons apporté quelques uns de nos butins et elle semblait apprécier les petites bouchées de chocolat que maman lui faisait avaler. Le 13 avril 2010 Giselle ferme la bouche et décide de la fermer jusqu'à épuisement total de son corps. Aujourd'hui elle refuse toujours de s'alimenter et les tuyaux qui la branchent l'empêchent juste de souffrir. Papa, maman, elle, nous tous attendons.
Depuis trois ans elle attend dans son lit où on la couche à 15 heures et depuis quatre jours c'est la première fois qu'elle décide enfin quelque chose pour elle. Elle est forte mamizelle.
2060 et des poussières… Mâcher le soleil jusqu’à ce que les ombres glissent et que toutes choses rampent, grouillent et obscurcissent les murs. Parce qu’on va s’en sortir plus mous plus dociles et plus égoïstes, il nous faut se lever en avalant les quelques écrous de la machine broyeuse. Tous les jours plus lourds tous les jours plus rouillés jusqu’au déraillement final où l’on regardera impuissants nos désirs figés dans les souvenirs.
Faire le tour d’un point dans l’espace. Trouver le moment où l’objet s’anime dedans le cercle. Alors que tout s’efface. Des petits points rouges, de minuscules petits points rouges me constellent la peau. Je me pixellise. Je me recouvre. Petit à petit des micromillimètre de peau se détruisent, disparaissent pour devenir autre chose, une mue. Petit à petit guetter le moment où mon esprit apprivoise l’intérieur de cette nouvelle surface. Vivement qu’il s’anime.
Organiser l’espace autour des points, voilà le défi. Il y a toujours de nouveaux points. Devenir plus vieille d’un point, d’une grosse virgule même, et rajouter de la matière aux souvenirs. Une matière sans cesse plus nostalgique, parce qu’on n’arrêtera pas le temps même dans la bulle des vieux amis, parce que les vieux amis ont moins le temps, parce qu’on ne retrouvera pas nos peaux jeunes et sans pixel. Et je ne parle pas nos rides.
Non, je n’aurais pas ramener le soleil et j’aime assez regarder le spleen dans les yeux de mon chat. A moins que ce ne soit la pluie qui balaie. Pendant notre absence il s’est langui, à notre retour on l’a trouvé grossi – il nous attendait, circumambulait entre sa gamelle et son panier, sa litière et sa gamelle – on l’a trouvé un poil colère aussi à notre égard. Il avait changé, c’est fou. Tout avait changé en fait. A la limite du moins bien. Loft bof, temps moche, gens couverts et humides, les rires aux oubliettes. On ramène des souvenirs qui se collent à des strates plus anciennes, on se prend à regarder les horaires des trains, et à vouloir embarquer plus souvent, diminuer l’épaisseur, et des strates et du spleen, et à imaginer se laisser enfermer dans la bulle des vieux amis pour que l’on vieillisse tous ensemble. Surtout, moins chacun de nos côtés.
Je m'éclaircis donc la voix, hum hum, et je pose mon piou piou de tarte à la nana. J'ai tout mangé les tiens, j'ai déjà faim, j'irai me ravitailler par ici demain, ça sentait bon la table mise et prête à se démettre, hum hum tout renversé, tout le vingt du mois par dessus tête et la sauce six sons en rondelles roulant sur la mousse. Voilà pour le plat du jour passé, à demain pour d'autres avenirs. Je t'embrasse et il fait encore tiède, je vais faire un dernier tour pour le souvenir qui rode, le verre à la main, et c'était une bien belle journée, j'ai mes pensées pour toi en gorgées déliées dans mon rhum ambrée. Nous les avons bues hum hum sur le capot rouge pompier, au nez et à la barbe à piaf, sous le soleil grésillant et les sifflements. Cambrure décambrée, panier rangé et table en osier pliée. Tout était bien, mercis suaves sur lit de pâte sablée déposés et à chercher ici sous le même châtaigner.
Les lianes d'un azur au secrètes fenêtres partagent leurs racines et lézardent leurs murs ….
Mon rhume plein de germes arrive à son terme, le reste de la journée, s'est terminée en crise temporelle : bourrage de temps dans la machine à travail.
Et tes mains amies ou mes mains sur ta peau constituent la limite qui fait que je ne suis pas complètement raccord avec mes principes d'exclusivité. Ces limites ne disent cependant pas que je trouve cela agréable, alors.... Chaque mot nous appartient, chaque sens, nous les offrons à qui veut bien les entendre, et quand on les accepte, la réaction qu'ils suscitent forcément ne nous appartient plus, mais nous pouvons quand même continuer et essayer. Arriver au plus juste de ce que nous pouvons faire passer. Je te laisse un peu de mots, d'émo ?
Je travaille comme une folle sur des tissages de pixel. Je détoure, truque, masque des lignes laides rajoute pixel par pixel des couleurs.
Pouah ! des bestioles à rafistoler, des poils à éliminer ou bien à rajouter, du scintillement sur lesquels mes yeux explosent presque. Les deux sont à la limite de la crampe souvent, et je suis en quasi apnée. Très physique, alors que mon esprit erre... ça doit se voir que je cherche les mots tellement ils sont tout ratatinés dans mon labyrinthe en bouillie d'avoine. Avoir l'acrobatie buccale facile dans ces moments, mais chut belle amie j’ai reçu tes baisers volants et je t'envoie mes baisers rampants, genre GI, avec des rangers trop lourdes et de la gadoue aux mollets, je dois lutter contre des assaillants invisibles, qui me tirent sur les paupières et les neurones, les salauds, ils ont des armes chimiques, vais pas pouvoir lutter... pensées en rafale, raccourci du temps, souvenirs et ce virus qui rame, dans le sang en vrai et qui se reflètent dans les neurones en silicium qui font des hoquets de machines asthmathiques. Saleté de rhume et bête bécane.
Le temps qui déborde et moi qui me fous dans mon petit bordel quotidien, là je commence à trouver ça envahissant, je frise la claustrophobie dans ce bureau jungle, et la chambre ressemble à une station de ski, la table basse du séjour a disparu sous la dernière averse de neige, chais pas où, alors on mange sur nos genoux.
Je lève le nez et le week end commence par la fenêtre ouverte et son entremise offerte. Les pensées qui bricolent, les pensées qui bricolent.